Et si nos mairies consommaient moins qu’un réfrigérateur ?
Le bâtiment représente 43 % de l’énergie consommée en France – plus que le transport, plus que l’industrie. Un bâtiment passif consomme 10 à 15 kWh/(m²an) pour le chauffage, contre 150 à 300 kWh/(m²a) pour le parc existant. Un facteur 20. Ce n’est pas une nuance. C’est une révolution accessible, aujourd’hui.
Quelques particuliers et maîtrises d’ouvrage publiques pionnières montrent déjà le chemin : maisons, écoles, mairies construites selon le standard Passivhaus et souvent même géosourcées et biosourcées. Leurs factures sont dérisoires, leur confort remarquable. Mais ces exemples restent trop rares pour changer les représentations.
Généraliser le Passif changerait tout. Si chaque crèche, école, mairie, gymnase était construit selon cette méthode, des millions de personnes découvriraient, en l’expérimentant, en le vivant, qu’il est tout à fait possible d’habiter un bâtiment confortable, dont l’air intérieur est sain, qui ne consomme presque rien. Et que ces bénéfices ne sont pas réservés à quelques initiés. Que c’est possible partout, pour tout le monde.
Le parent qui dépose son enfant le ressentirait. L’élève y passerait ses journées. L’usager de la mairie s’en étonnerait. Tous repartiraient avec une certitude : « ça existe, ça marche, ça pourrait être chez moi aussi ». Les collectivités bénéficieraient de bâtiments libérés des prix de l’énergie, peu coûteux en maintenance.
Il n’y a pas de pédagogie plus puissante qu’un bâtiment que l’on habite, que l’on utilise, que l’on vit.
Construire public et passif, c’est mettre la connaissance à hauteur de tous. Et ouvrir une porte, immense, vers un avenir plus durable.
Cloé Simon,
Architecte, membre du conseil d’administration de La Maison du Passif
Edito Passimag #4